11 juillet 2011
Choix de vie
La vie, c'est du théâtre. Ca ne se joue qu’en une seule prise. Il s’agit de ne pas se louper sous peine de devoir récupérer le coup lors de la scène suivante. En fait, tout est question de choix. Chaque choix est un carrefour avec des routes à prendre ou à laisser. La somme de nos choix détermine ensuite ce que l'on est, ce que l'on devient. Qu’ils soient bons ou mauvais, qu’on les regrette ou pas, la vie nous impose de les assumer. La seule interdiction est celle de faire marche arrière. On avance. Point.
La destiné est cruelle pour ceux qui multiplient les mauvais choix. Les perspectives sont évidemment plus roses pour ceux se sont le moins souvent trompés. Ce qui paraît clair, c'est que la route que l'on prend à un carrefour déterminera automatiquement celle qu'on empruntera au suivant, et ainsi de suite jusqu'au dernier feu rouge. Se morfondre au bord de la route est probablement le plus mauvais choix qui pourrait être effectué. Il sera en effet parfois possible de prendre la prochaine sortie pour espérer un chemin plus carrossable.
Le problème des choix est qu'on est jamais certain à 100% de faire le bon au bon moment. Mais quoi qu'il arrive ces choix nous obligent à croiser des gens qui ont effectué jusque-là un parcours plus ou moins semblable au nôtre. Des gens qui, en fonction de leur personnalité ou des sentiments qu'on leur porte, influenceront inévitablement les choix que l'on fera par la suite. Et puis, nos choix et leurs choix font que certains disparaissent, d'autres apparaissent. Il y a des passages éclairs que l'on regrettera toujours. Il y a des présences permanentes dont on se passerait bien.
Vous l'aurez compris, mes choix m'obsèdent. Je reste planté au carrefour de mes décisions, pesant éternellement le pour et le contre de chaque pas en avant. J'hésite, je me tâte. Aujourd'hui, j'en suis presque devenu indécis. C'est mon nouveau choix de vie.
18 octobre 2010
Qu'est ce qu'on se ferait chier...
Imaginez un pays où tout coulerait de source, où rien n'irait mal, où tout le monde serait d'accord, où les gens parleraient tous la même langue.
Imaginez un pays où les politiciens chanteraient tous le bon hymne national sans se tromper, où l'homme le plus populaire ne serait pas un gros nounours qui parle parfois en Latin, où il y aurait un gouvernement deux jours après les élections.
Imaginez un pays où personne ne serait un fils de collabo, où tout le monde travaillerait, où tout le monde serait solidaire.
Imaginez un pays où on ne voterait pas la scission de BHV tous les jeudis, où il n'existerait pas d'informateur, explorateur, formateur, médiateur, clarificateur, démineur, désincarcérateur, raton-laveur...
Imaginez un pays où un Olivier Maingain serait néerlandophone, où personne n'irait faire ses courses à Maasmechelen-village, où les Fourons seraient Wallons et Komen-Waasten serait Flamande.
Imaginez un pays où Siegfried Bracke serait bien coiffé, où Doornik et Malines s'appelleraient partout Tournai et Mechelen, où le mot "compromis" voudrait dire la même chose en Français et en Néerlandais.
Franchement, qu'est ce qu'on se ferait chier si on n'était pas Belges !
07 octobre 2010
Feuille rose
Je m'élance. Je griffonne quelques mots sur mon écran. J'efface. Je recommence. Je stoppe. J'arrête tout. Panne d'inspiration. Cruelle désillusion. Rupture de créativité. Revers désabusé.
Pourtant, j'aimerais m'exprimer, mais je chute une fois passé la première ligne. La feuille reste là, immaculée, d'une blancheur étourdissante. Les mots ne se ruent plus devant, avant même d'avoir été pensés. Ils s'offrent une crise de confiance. Ils doutent. Je doute.
Mais, parfois, un rien suffit pour vous remettre en selle. Un sourire, un regard et le coup de pédale est plus franc, le mouvement moins saccadé et la progression coule de source. Un clin d'œil, on oublie le froid, on oublie la nuit, on avance. La roue tourne du bon côté.
Je me jette en avant. Je crayonne quelques phrases sur mon clavier. Je relis. Je réfléchis. Je poursuis. Je ne m'arrête plus.
Puis, la feuille tombe. Elle reste là. Son regard épris l'a transformée. Elle n'est plus blanche. Elle est rose...
31 août 2010
J'ai vécu ma première mort
Des rayons de lumière qui se lancent dans un cache-cache sournois avec les glissières de mes volets. Un soleil splendide qui me sourit au saut du lit. Je m'étire et je savoure l'instant. Un instant de pause dans une vie où le bouton Forward semble être resté enfoncé. Je tourne la tête et contemple l'obscurité. Mon calendrier n'avance plus depuis le 8 juin. Il est figé dans un coin de ma chambre comme s'il ne voulait pas passer le cap de la vie étudiante.
Demain, c'est la rentrée. Sans moi. Pour la première fois de ma vie, je ne participerai pas au bastringue de septembre. Celui qui voit écoliers et universitaires reprendre successivement le chemin de la connaissance. Certains avec soif, d'autres avec un entrain bien moins apparent. L'étudiant meurt à petit feu dans mon for intérieur. Il faut bien avouer que ça fait un petit temps qu'il est plongé dans un coma profond. Cette fois, il ne se réveillera plus.
Le destin de l'Homme est donc de mourir deux fois. Comme un champion en fin de carrière, il meurt une première fois quand il tourne la page de la vie estudiantine. Une mort qui marque le début d'une seconde vie, qui fait naître les rêves les plus fous de cheminement professionnel. Un destin tragique pour certains, une délivrance pour beaucoup d'autres.
J'en suis maintenant sûr, j'ai vécu ma première mort.
11 août 2010
Ritorno al paese
Ce matin, 8h15, c'est le cœur gros que je montais dans une rame de la
gare de Pescara (Italie), direction Ancône. Mon père a beau être agent SNCB, je
déteste le train. Boîte de conserve au bruit sourd qui vogue sans vergogne vers d'autres horizons.
Et puis, il y a la gare, celle que les Italien appellent "la
stazione". Celle-là me rend triste, théâtre de retrouvailles mais aussi
de nombreuses séparations et d'adieux larmoyants. Aujourd'hui, les
larmes n'étaient peut-être pas visibles, elles étaient pourtant bien
présentes. Un peu comme les métastases persistantes d'un mauvais cancer. Triste de devoir quitter le soleil pour un plat pays sans relief et couvert d'une épaisse couche nuageuse.
Heureusement,
il y avait Giuseppe pour me faire oublier ma détresse. Le hasard avait
fait que ce barbu italien, parlant un français irréprochable, occupe la
place juste à côté de la mienne. Il connaît bien Tournai car son frère
habite la banlieue de Lille.
Giuseppe est plutôt du genre direct, il
vous parle sans ambages de la politique de son pays. Et quand je le
complimentais sur la beauté de l'Italie, l'homme ne pouvait retenir un
petit sourire sarcastique: "Oh, tu sais, ce n'est plus ce que c'était.
Ici tout se dégrade, y compris l'enseignement et les soins de santé."
L'immobilisme
politique ne serait donc pas l'apanage de la Belgique? "En Italie, ça
fait trop longtemps que plus rien ne bouge", regrettait l'homme le
regard tourné vers l'Adriatique.
La gare d'Ancône mettait un terme à
cette discussion un peu surréaliste. Je saluais promptement l'Italien.
Il me répondait d'un petit geste de la main accompagné d'un "Bon retour
al paese!" à l'accent chantant.
Je musardais ensuite à la recherche
de mon bus pour l'aéroport. Après une heure d'infructueuses recherches,
je décidais d'opter pour l'option taxi. Le chauffeur, les cheveux
grisonnants, lunettes de soleil et chemise ouverte jusqu'au nombril, me
faisait monter à l'arrière. "Vous parlez Français?", et il poursuivait
avant-même d'avoir attendu ma réponse. "A Ancône, il y a beaucoup de
touristes de la France." Je ne manquais pas de rectifier ma nationalité
avant que le débat ne dévie sur le football et la nouvelle défaite de la
Squadra Azzura.
Quelques minutes plus tard, et plus léger de 50€,
je pénétrais dans l'aéroport d'Ancône. Je m'y posais sur un banc, face à
l'immense baie vitrée, histoire d'admirer une dernière fois les rayons
du soleil. "Quel temps fait-il en Belgique?", questionnais-je un ami par
sms. "Rien de terrible. Gris et 20°C", me répondait-il. Pas de quoi
m'enthousiasmer... Les pieds de plomb, j'étais le dernier à prendre
place dans l'avion Ryanair.
1h40 plus tard, les nuages confirmaient
les prévisions de mon ami. Il fait froid et je regrette déjà l'Italie.
Dans l'aéroport, quelques ritals discutent. Je contiens mal un sourire
béat quand je passe à côté d'eux. J'ai encore la tête remplie de bons
souvenirs, et je suis déjà triste de ne plus y être. Je monte dans la
voiture, direction Tournai. Demain, au boulot.
22 juillet 2010
Un jour inutile
Il est des jours où on regarde le temps passer sans frémir. Des jours inutiles qu’on zapperait volontiers pour vivre autre chose de plus intense. Ces jours où nos trains sont en grèves, où notre esquif vogue paisiblement sur une mer reposée et dénuée de la moindre vague.
Il est des matins où l’on sent qu’il est inutile de se lever. La simple vue de la lumière du jour nous invite déjà à refermer les rideaux et à retourner à nos divagations oniriques. L’atmosphère oppressante des lendemains de canicule nous murmure déjà qu’on n’entreprendra rien aujourd’hui. Et si, quand bien même, l’on décide d’entreprendre quelque chose, on s’écrase la plupart du temps avant d’avoir pu décoller.
L’addition de ces jours inutiles à l’échelle d’une vie déboucherait sans doute sur des années de temps perdu. Et pendant qu’on perd son temps, la pendule d’argent décompte les soupirs qui nous séparent de notre tragique destinée. Tic, tac…
Vous ajouterez un quart d’heure de rédaction à mon ardoise du temps perdu. Merci d’avance.
16 juillet 2010
Le temps qui passe...
Pardonnez cet instant d'absence. Souvent je m'égare dans les méandres du web sans même penser à une mise à jour de l'écrin d'inutilité que constitue ce blog. Les effets secondaires d'une trop longue période d'inactivité littéraire peuvent s'avérer dangereux. Des pensées, des idées et des rêveries s'entremêlent dans mon esprit jusqu'à saturation. Se passe alors un Big Bang. Des doigts qui glissent sur le clavier sans vraiment savoir où ils vont, ce qu'ils vont dire. Les mots s'alignent sur l'écran blanc, noircissant sa pureté à mesure qu'ils s'enchaînent et qui font naître des phrases au sens parfois un peu abstrait.
Paradoxalement c'est lorsque la fatigue se fait sentir que l'inspiration est la plus présente. Les jambes sont engourdies mais le cerveau, lui, répond bel et bien présent. Deux poches sombres et inesthétiques sous les yeux sont finalement les seuls stigmates d'une nuit bien trop courte. Depuis jeudi midi, je tourne au ralenti. J'effeuille mollement la marguerite du temps, je renifle la brièveté de chaque centième de seconde et je déguste la vie comme un bon vin dont on aimerait garder la saveur en bouche éternellement. Ce même sentiment que l'on ressent à vélo dans un périple en solitaire lorsque l'air frais du matin nous chatouille les deux joues.
Hier, l'espace d'un après-midi je musardais sur la plaine d'un festival musical bien connu. Allongé sur l'herbe, je profitais de quelques notes d'une musique agréable, réchauffé par la véhémence de quelques étincelles sur un carrousel enflammé. Un moment qui freine brièvement le rythme effréné du temps qui passe. Un présent éphémère que l'on aimerait garder pour toujours dans un bocal. Que l'on ressortirait à chaque jour de déprime, pour se rappeler: "Qu'on était bien !"
27 mai 2010
Des vacances pour sécher les élections
Des abstentionnistes révoltés, on en voit partout sur la toile. Si certains prennent les choses au second degrés en annonçant sur les réseaux sociaux qu'ils ont piscine le 13 juin, d'autres cherchent tous les moyens possibles pour ne pas se rendre aux urnes. Du coup un tour-operator a pris la balle au bond et propose à ses clients de partir à l'étranger le 13 juin. Une bonne excuse pour sécher les élections. Pour ce faire il faut mener campagne sur le web et récolter le plus de votes. Les gagnants peuvent décoller pour la Crète entre le 11 et le 14 juin, soit tout juste pour rater le scrutin.
Cette campagne de communication fait sourire mais pose quand même question au niveau éthique. Au moment où tout le monde rappelle l'importance de se rendre aux urnes, un agence de voyage incite à l'abstentionnisme. Avouons que c'est cynique et d'un mauvais goût sans égal. Ceci dit, en com', tous les coups sont permis. Et puis ce qui importe, c'est qu'on en parle. D'ailleurs je viens indirectement de contribuer à cette campagne publicitaire. Oups !
19 mai 2010
Au pays du surréalisme, on aura tout vu
Ce matin, j'ai presque failli m'étrangler en buvant mon café. Ma prière du matin (voir par ailleurs) fut plus agitée que d'habitude. Jean-Michel Javaux (Ecolo), Charles Michel (MR) et Melchior Wathelet (cdH) ont le regard pétillant en Une de la Libre Belgique. Quoi de plus normal en pleine campagne électorale? Sauf que l'article calé en page 8 du quotidien n'est pas vraiment un article de campagne. Il traite d'une idée de nouveau parti centriste qui aurait germé dans la tête des trois hommes. Le RHD: Renaissance humaniste durable...
L'inspiration serait venue lors d'une partie de kicker avec Michel Daerden (PS) dans une émission décalée de la RTBF, en novembre dernier. Les trois initiateurs ont même songé à tendre une perche à Rudy Demotte (PS), raconte le quotidien. On retrouverait donc les quatre gros partis en un, avec un programme commun de centre-droite. Fondamentalement, tout cela ne changerait pas grand-chose dans l'échiquier politique belge. Tout au plus une nouvelle formation centriste au milieu des quatre déjà existantes (PS - MR - Ecolo - cdH). On pourrait même parler d'un désaveu du paysage actuel où seuls les petits partis sont clairement positionnés.
L'idée semble saugrenue. Peut-être est-ce un fantasme délirant. On ne peut en tout cas s'empêcher de penser à une grosse blague. Tout le monde aurait sans doute opté pour cette thèse si on avait été le 1er avril. Pour l'heure, il ne faudra pas s'attendre à une confirmation de la part des intéressés avant le 13 juin. "Ne leur dites pas, cela les mettrait mal à l'aise", écrit la Libre Belgique.
Qu'en penser ? L'idée ne manque pas de panache. Que des poids lourds s'unissent serait en tout cas la seule solution pour créer un nouveau parti viable. Cela forcerait peut-être les autres partis à se repositionner pour se démarquer. Le PS à gauche toute l'année (et pas seulement le 1er mai), le MR à droite (mais pas la droite sociale de Louis Michel) et le cdH, l'improbable RHD et Ecolo comme alternatives au centre et à gauche.
Si ça se fait, ça ne sera en tout cas pas pour demain. Beaucoup trop risqué électoralement de sortir du bois maintenant. Au pays du surréalisme, on aura en tout cas tout vu.
18 mai 2010
Le déclin improbable
Le 30 avril 2010 à 14h11 précise, j'ai mis ma vie entre parenthèses. Une vie virtuelle devenue un peu encombrante. Facebook suscitait une certaine addiction couplée à un étrange ras-le-bol. Sans vraiment m'en rendre compte, je passais trop de temps à contempler le néant. Ces statuts, souvent anecdotiques voire vides de sens, apparaissent à l'écran dans un défilement routinier.
En plus de ses antédiluviens problèmes de confidentialité, Facebook souffre d'un flagrant nivellement par le bas. "C'est devenu ringard et populo", me faisait remarquer un ami. Le réseau social de Zuckerberg collectionne, il est vrai, les concours de médiocrité. Un dégât collatéral que le Créateur (ndlr: Avec une majuscule pour saluer l'éclair de génie que le destin de ce geek insignifiant n'avait sans doute pas prévu) ne maîtrise plus. Un vent de ras-le-bol souffle sur la plateforme. Des groupes se forment. Ainsi, un "Quit Facebook Day" a été décrété le 31 mai 2010 pour protester contre le non-respect des données personnelles. Son succès reste très relatif : trois milliers de frondeurs d'après plusieurs sources. "C'est déjà ça", chantait Souchon. Un paquet de "suicides" héraut d'un déclin improbable? Ça reste à voir.
Toujours est-il que Facebook joue avec vos sentiments. "Vous allez manquer à vos amis", indique le réseau social lorsque vous vous apprêtez à partir. Des photos de vous avec Nicolas, Arnaud, Guillaume et Valérie apparaissent à l'écran. Une certaine nostalgie vous envahit, une larme coule le long de votre joue. Il ne vous en faudra pas plus pour vous convaincre de ne pas supprimer votre compte. Vous optez alors pour le bouton "désactiver".
J'ai choisi cette option. Elle est la porte ouverte à un retour, un jour ou l'autre. Rassurez-vous, je le vis bien. Je ne suis pas devenu insomniaque, irritable et dépressif. J'ai redécouvert d'autres moyens de communication: le mail, le téléphone portable ou encore MSN. Je sais, je suis un peu "old school". D'ailleurs, je tiens un blog, encore une preuve de mon siècle de retard sur le monde actuel.
Pour ne pas être trop largué, j'ai quand même rejoint Twitter. C'est cool, c'est hype, c'est branché, c'est "in" et dans le vent. Même les politiciens l'ont compris et font campagne via des gazouillements bien placés. C'est sûr, je suis sur Twitter, I'm trendy !

